Bénéfices posthumes

 

Sony sort ce mois-ci en France, en partenariat avec la Fnac, son reader ebook. Bien que les puristes élèvent probablement déjà leurs voix indignées contre cet affront fait au Livre, le débat n’est pas là en ce qui me concerne.

 

De toute évidence, ce genre d’appareil demande à être alimenté, d’autant plus qu’il est probable que ses acheteurs soient d’avides lecteurs dont la place à la maison ou en voyage est devenue problématique suite à leur frénésie de lecture. Et si d’un côté j’admire et soutiens l’initiative de la Fnac, qui pour une fois mérite son slogan, la manière dont sont faites les choses laisse fortement à désirer.

 

C’était probablement inévitable, surtout pour un début, mais le partenariat exclusif avec un éditeur est un frein très considérable à l’offre potentielle. D’emblée, les folio SF et J’ai Lu fantastique que j’achète trop régulièrement me sont interdits. Je ne m’étendrai pas sur le choix des œuvres proposées ; il est populaire, démagogique et majoritairement sans intérêt, mais c’est de bonne guerre considérant la difficile implantation d’un tel produit en France à l’heure actuelle. Ce qui est plus triste est le prix de l’offre en général. J’admets de bon cœur, quoique mon portefeuille rechigne, qu’un beau livre, un gros pavé, ou un ouvrage grand format à la couverture cartonnée soit plus cher à produire qu’un livre de poche de qualité médiocre (oui J’ai Lu, je parle encore de toi). Le même argument me semble plus difficile à accepter pour un livre électronique dont le seul prix de revient réel (hors droits d’auteur et éditeur) est celui de maintenance d’un serveur. Ainsi, bien en phase avec l’économie actuelle, la Fnac offre moins en demandant plus d’argent. Bel esprit.

 

Plus critique encore est le fait que l’on trouve à l’achat, à prix légèrement inferieur il est vrai, des œuvres telles que les romans d’Alexandre Dumas ou Victor Hugo. Pour les néophytes, précisons ce petit détail : en Europe, grosso modo, une œuvre devient libre de droits 70 ans après la mort de son auteur. Ce qui, après un rapide calcul, rend largement gratuit tout ce qui a été écrit par des auteurs français morts avant 1938. Je vous conseille d’ailleurs fortement le site ebook gratuits, tant pour une clarification sur le sujet des droits d’auteur que pour trouver gratuitement des ouvrages classiques en français. Ainsi, la Fnac vous vend des livres gratuits ! Admirable, non ?