Pour l'honneur de la Reine

David Weber continue avec ce deuxième tome la saga des aventures d'Honor Harrington, l'irréprochable capitaine de la flotte manticorienne. Irréprochable, Honor le reste, toujours autant attachée aux principes moraux et à l'honneur de la flotte; mais l'auteur a l'intelligence de la mettre (enfin) dans des situations qui laissent paraître ses faiblesses et temporisent l'image du soldat impénétrable du premier tome.

 

A vrai dire, tout le roman est plus riche et subtil que son prédécesseur. Tout d'abord, les situations politiques sont finement travaillées, posant d'intéressantes questions sur la nature et l'équilibre des sociétés humaines. Et si le récit utilise le motif du fanatisme religieux comme trame de fond, l'auteur fait une analyse pertinente et mesurée du poids de la tradition, de l'incompréhension entre entre les cultures, de la difficile balance entre pouvoir politique, religieux et militaire. En bref, et bien que les justes finissent par donner raison à leurs idéaux à grands coups de missiles, le décor général fait la part belle à la réflexion plus qu'au jugement et au parti-pris.

 

Ensuite, les personnages, tant les rescapés du premier tome que les nouveaux arrivants, sont tous parfaitement dépeints. A la fois profondément humains - avec ce que cela suppose d'aspérités et de failles - et infiniment militaires dans leur rigueur et leur sens du devoir, ils présentent un visage touchant et vrai, jamais monolithique. On s'y attache donc encore plus et les tourments que David Weber leur fait subir soulèvent un flot d'émotions considérable tout au long du roman.

 

Enfin, pour les amoureux de Space Opera, le récit recèle son quota de vaisseaux de guerre fascinants, de combats épiques à des millions de kilomètres et de jargon technique passionnant sur la navigation spatiale… comme dans mes rêves de petit garçon et d'adulte pas bien grand !

 

Si la série continue à se bonifier avec les tomes suivants (l'Atalante vient de publier les tomes 13-14), préparez-vous a des heures de très grand bonheur.

 

Pour l'Honneur de la reine, David Weber, J'ai Lu