Vamps
Norman Spinrad se contente rarement d'emprunter les sentiers battus ou d'exploiter les filons inépuisables de la science-fiction bon marché. Il s'aventure avec Vamps* dans le domaine du fantastique, le temps de rafraichir à grands coups d'ironie glauque le mythe du vampire. La première nouvelle de ce recueil narre l'arrivée à New-York de Dracula en personne, chassé de sa Roumanie natale par les troubles politiques consécutifs à la chute de Causescu - avec lequel il entretenait d'ailleurs une relation tout à fait cordiale. S'ensuit une descente aux enfers parfaitement délectable lorsque le comte immortel découvre les ravage de l'amour et de l'héroïne au détour d'une petite sucée nocturne…
Comme à son habitude, Spinrad utilise ses personnages comme les catalyseurs d'une vision plus large, fustigeant les horreurs quotidiennes de la société américaine avec un humour corrosif. Le vampire de la troisième nouvelle, par exemple, se sert de ses victimes comme de "réservoirs" qui lui permettent de manger autant qu'il le veut en restant parfaitement mince. Le message est clair.
Au final, voici une lecture rapide et divertissante, malgré la complaisance voulue de Spinrad à tirer vers le glauque et le sanglant, dans laquelle l'auteur porte un regard plus caustique - et moins dramatiquement glamour - que d'habitude sur le mythe surexploité du vampire. A conseiller, comme tous les Spinrad.
Vamps, Norman Spinrad, Denoël.
* Titre attribué par l'éditeur français à ces trois nouvelles parues séparément aux Etats-Unis